Les risques de faire de l'énergie nucléaire une partie de la solution climatique

Le nucléaire serait-il la solution pour une transition écologique?

Les dirigeants mondiaux ont conclu un accord dans le cadre de l’accord de Paris 2015 pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à la température préindustrielle. Selon un rapport des Nations unies sur les écarts d’émissions, pour atteindre cet objectif, les émissions de carbone doivent être réduites d’au moins 7,6 % chaque année à partir de 2020 et jusqu’en 2030. Nos besoins énergétiques ont augmenté de manière exponentielle en raison de l’accroissement de la population, de l’urbanisation rapide et du développement économique. 

Pour réduire les émissions – qui résultent principalement de la combustion de combustibles fossiles pour la production d’électricité et d’énergie – il est devenu impératif pour nous d’explorer et d’adopter des sources d’énergie renouvelables, qui sont plus respectueuses de l’environnement, plus sûres et plus durables sur le plan économique. Au fil des ans, nous avons observé une acceptation croissante de l’énergie solaire et éolienne, mais nous restons sceptiques lorsqu’il s’agit d’inclure l’énergie nucléaire dans nos plans d’atténuation du changement climatique en raison de ses préoccupations en matière de sécurité publique.

Nos demandes énergétiques actuelles ont atteint un niveau record. Les ressources en hydrocarbures s’épuisent de jour en jour et le changement climatique se faisant sentir, les experts suggèrent que le recours à l’énergie nucléaire pourrait être une arme redoutable contre les émissions de carbone et pour réduire notre dépendance aux combustibles fossiles. Cependant, les terribles accidents nucléaires du passé ont ébranlé la confiance du grand public et des autorités gouvernementales de nombreux pays dans l’énergie nucléaire. Dans un récent sondage réalisé aux États-Unis, 49 % du grand public était favorable à l’inclusion de l’énergie nucléaire, tandis que 49 % des personnes interrogées ont rejeté cette idée. 

En 2010, environ 60 % de la population mondiale y étaient favorables. Au cours des quarante dernières années, le monde a subi trois accidents nucléaires majeurs. Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986 et le dernier en 2011 à Fukushima, au Japon. L’incident de Tchernobyl a coûté la vie à deux travailleurs sur place par l’explosion et a exposé des milliers de personnes aux radiations. Une étude de l’Organisation mondiale de la santé a estimé entre 4 000 et 9 000 le nombre de décès dus aux radiations et aux maladies associées. En 2011, un tremblement de terre suivi d’un tsunami a frappé Fukushima, au Japon, déclenchant une série de fusions de réacteurs qui ont entraîné des fuites de matières radioactives dans la terre et la mer. 1600 personnes sont mortes alors que 110 000 personnes étaient en cours d’évacuation.

De l’extraction de l’uranium au processus d’enrichissement, en passant par la contamination des plans d’eau par les déchets radioactifs, toute la production d’énergie nucléaire comporte de grands risques. Les habitants des environs de la zone minière ont été touchés par l’augmentation des cas de diabète et de cancer du poumon. On a signalé des cas où des personnes avaient bu de l’eau polluée par l’eau qui s’écoulait des mines. Il convient de mentionner ici que les déchets nucléaires peuvent rester radioactifs pendant plus de 10 000 ans. En outre, les experts nucléaires avertissent que la possibilité d’attaques terroristes sur les réacteurs nucléaires ferait des ravages et causerait des destructions massives.

De nombreux pays ont abandonné leurs projets de création de nouvelles centrales nucléaires et pour les réacteurs existants, la suppression progressive est en cours. Cela a conduit à une plus grande dépendance à l’égard des combustibles fossiles, qui ne présentent pas de risques aussi terrifiants que ceux d’une catastrophe nucléaire. Les scientifiques, cependant, estiment que les combustibles fossiles ont des effets encore plus sinistres mais plus silencieux sur nous.

Une chose est claire, l’acceptation de l’énergie nucléaire dans le cadre de notre plan d’action pour le climat a semé la discorde entre les peuples. La résistance des groupes environnementaux et les dangers qui ne peuvent être écartés, ont arrêté la prolifération de l’énergie nucléaire. Si la communauté ne se sent pas en sécurité et n’est pas assurée de disposer d’une centrale nucléaire sans risque, l’avenir proche de l’énergie nucléaire semble incertain.

Pour plus d’informations n’hésitez à lire les différents articles de Jean-Marc Jancovici sur le nucléaire

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