Culture hydroponique, est-ce la solution ?

Avec l’accroissement de la population mondiale et la diminution des terres arables en raison de la désertification, de l’érosion causée par l’homme et de la dégradation de la couche arable, la menace d’une crise alimentaire mondiale se profile à l’horizon. Il y a eu beaucoup de battage médiatique autour d’une forme d’agriculture relativement nouvelle qui consiste à cultiver des produits en couches empilées verticalement et sur des surfaces verticalement inclinées, en utilisant des méthodes de culture hydroponique ou aéroponique « agriculture hors-sol« , dans des structures comme des gratte-ciel, des entrepôts usagés ou des bâtiments abandonnés. Ce type d’agriculture est appelé « agriculture verticale ». Alors que de nombreux partisans de l’agriculture verticale affirment qu’elle pourrait être la solution à notre crise alimentaire mondiale imminente, les experts estiment qu’elle ne peut que compléter l’agriculture conventionnelle et non la remplacer complètement.

De nombreux pays ont établi une feuille de route pour la mise en œuvre de l’agriculture verticale dans un avenir proche. Deux de ces pays sont la Chine, qui abrite la plus grande population du monde, et les Émirats arabes unis (EAU). La Chine est prête à investir massivement dans ces systèmes agricoles. D’ici à 2030, sa population est estimée à environ 1,45 milliard d’habitants ! Avec la diminution des terres fertiles en raison de catastrophes naturelles fréquentes et d’un mauvais système de gestion des terres, elle ne peut pas se permettre de se contenter du système agricole conventionnel. Les Émirats arabes unis envisagent eux aussi de se lancer dans l’agriculture verticale. À l’heure actuelle, ils importent plus de 80 % de leurs denrées alimentaires, car la superficie cultivable du pays est limitée. Grâce à un ensoleillement abondant, qui peut être utilisé comme une énergie propre, la mise en œuvre de l’agriculture verticale dans le pays réduira sa dépendance aux importations. Même dans des régions comme le Moyen-Orient, l’Europe et les États-Unis, les investissements dans l’agriculture verticale ont augmenté au cours des dernières années.

On affirme que l’agriculture verticale utilise plus de 90 % moins d’eau que l’agriculture conventionnelle. Les avantages vont de l’absence d’utilisation d’herbicides ou de pesticides dans les produits à l’absence de mauvaises récoltes dues aux conditions météorologiques, car l’agriculture est pratiquée dans un environnement contrôlé en interne. Les propriétés urbaines abandonnées et inutilisées peuvent être utilisées pour produire des aliments ; il existe également une possibilité de créer davantage d’emplois urbains. Comme toute chose dans la vie, il y a aussi des inconvénients possibles de l’agriculture verticale. Elle peut entraîner la perte d’emplois agricoles traditionnels. Contrairement à l’agriculture conventionnelle, seules des variétés limitées de cultures peuvent être produites par l’agriculture verticale. On dit qu’elle a un impact sur l’industrie du transport, qui, à son tour, affectera l’économie globale d’une nation.

Il ne fait aucun doute que l’agriculture verticale jouera un rôle plus important dans l’agriculture urbaine et la planification agricole à l’avenir. Toutefois, à l’heure actuelle, il faut faire davantage pour rendre le système durable en termes d’utilisation de l’énergie et d’efficacité pour répondre aux demandes alimentaires mondiales. Grâce à davantage d’innovations, l’énergie nécessaire au système agricole peut être réduite. Pour développer l’agriculture verticale, il faut également des investisseurs, d’où la nécessité d’encourager les investissements dans les jeunes entreprises, autour de l’agriculture verticale. Pour répondre à la demande alimentaire de demain, l’agriculture verticale sera en effet complémentaire de l’agriculture traditionnelle !